Exemple de cas - Réflexothérapie adulte - Insomnie

*Tout cas partagé ici est fait avec l'accord de la personne massée, les noms sont changés pour assurer la confidentialité.


Anke* vient pour des insomnies. Elle se réveille plusieurs fois par semaine à 3h du matin, parfois elle se rendort, parfois non. Elle a veillé tard, elle s'est réveillée à la même heure; elle s’est couchée comme les poules, elle s’est réveillée comme les moines, en pleine forme.


Elle a essayé les plantes, le sport... rien n’y fait.


Les insomnies s’amplifient pendant les PMS (syndromes pré-menstruels) et règles, elles commencent alors vers 1h.


Je perçois une lassitude, qu’elle valide, et une peur que ces insomnies ne s’arrêtent jamais. Elle confirme par un “Maman est pareil, depuis trop longtemps pour que je puisse me souvenir quand ça a commencé”.


Je l’interroge sur ce qu’elle fait pour vivre avec:

“J’attends. Je ferme les yeux”.


Anke m’avait expliqué au téléphone sa problématique et me le redit lors du temps de parole préalable à la réflexologie. Cela permet de la déposer, de mettre le problème hors d’elle. Anke n’est plus un problème, c’est l’insomnie le problème. Anke est celle qui résiste au problème, elle le regarde en face.


Nous passons à la réflexologie. Le focus de la séance étant l’insomnie je l’invite à laisser venir le sommeil s’il vient pendant le massage.


La réflexologie détecte des zones réflexes (ZR) particulièrement chargées sur les poumons, le foie, la ZR de la hanche droite craque.


Cette détection, associée à l'horloge du cycle circadien, résonne chez moi avec l’idée d’un deuil refoulé. La perte d’un proche (séparation amoureuse, déménagement, décès…) qui est encore irréelle. L'amplification des symptômes lors des PMS et règles m'évoquent une colère souterraine liée à cette séparation.


Anke qui s'était laissée aller pendant le massage revient au présent. Elle partage se sentir “propre” comme après une nuit de sommeil profond. Puis m’interroge sur ce que je ressens/détecte.


Je partage l’idée qui m’est venue. Grand silence.


Puis, Anke, prenant tout son courage, articule : “Mon frère, unique, est subitement décédé, noyé, il y a quelques années. Nous étions extrêmement proches, quasi jumeaux. Sa mort est irréelle, aussi il est hors de question que je l’accepte.”


Je suis très touchée par la confiance que me fait Anke par ce partage, et par son honnêteté. Il est fort probable que dans sa famille, dans son entourage, on ne parle pas des morts. Comme elle a mentionné sa mère précédemment, je lui demande si sa mère aurait perdu un proche dont elle ne parle jamais. “Oui”.


En parlant de deuil refoulé, elle brise un tabou. Même si c’est pour dire non à ce départ.


Avant d’aller plus loin dans le sujet sensible, je me recentre sur les forces d’Anke. Les mots qui me viennent sont :

  • “courage” pour celui nécessaire de briser un tabou et de questionner le conditionnement familial;

  • “honnêteté”;

  • “capacité à dire non & envisager le changement”. En effet, elle pourrait être venue me voir/ essayer la réflexothérapie pour se prouver que rien ne changera jamais. Son ton, son expression quand elle a parlé de son frère résonnait avec un aplomb qui me porte à croire qu’elle envisage le changement.

Je partage ces mots et vérifie avec elle qu'ils lui parlent, valide-t-elle ces force que je perçois?

“Oui, je me reconnais”


Je reviens alors sur la problématique et partage ce que les pieds ont dévoilé. Posément, je lui montre le cycle circadien, la lecture en Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) des ZR sensibles : “tristesse profonde, lien familial, colère...”


D’elle-même, elle formule:

“Cette insomnie c’est mon frère. Si je ne me réveillais pas en pleine nuit, si souvent, je ne penserai pas à lui. Il est toujours là bien sûr, dans mes pensées ect. Mais je ne me pose pas pour prendre le temps de penser à lui. Sauf à 3h du matin.

- Comment vous sentez vous d’avoir ramené ceci à votre conscience?

- Je le savais en fait. Je voulais pas… c’est tout.

- Alors peut-on dire que votre venue ici, vos paroles illustrent votre courage?”


À travers la séance, elle s’est autorisée d'accéder à un niveau de bienveillance envers elle-même qui lui a permis de conscientiser sa limite, actuelle. Nous convenons de laisser la séance, autant la verbalisation que la manipulation des tissus plantaires, infuser. Le travail se fera dans ses conscient et inconscient, son corps et son âme.


Anke repart le visage serein, pensive et “les pieds sur un nuage”.


Un haïku pour illustrer la séance pourrait être:

Dans l’eau, tu disparais

A ton heur(e), tu me réveilles,

Un frère, une vie.



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